20 janvier 2009
Chapitre 1
-… Andrew
Jonson, J’ai 19 ans.
-Et quelles
sont vos motivations ?
-J’adore les
plantes, j’ai la main verte, je pense que je pourrais vous être d’une grande
utilité, et j’ai besoin d’argent…
Cet Andrew
Jonson paraissait un peu pitoyable aux yeux de Lucas. Il se tenait dans le petit salon privé de son
beau père, qui servait aussi de salle d’attente à son bureau, dont la porte
était entrebâillée, et il avait surpris la fin de la conversation de celui-ci
avec le nouveau jardinier. De là ou il
était, il pouvait l’apercevoir de dos. Il portait un baggy, un simple T-shirt noir, assez vieux, d’après ce
qu’il en jugeait par la couleur délavée qu’il arborait, et de simples
baskets. Il avait les cheveux noirs très
courts.
-Je pense
que je vais vous prendre à l’essai, à partir de demain, cela vous
convient-il ?
-Merci
beaucoup ! Ce sera parfait !
-A demain
dans ce cas. Demandez à Alfred de vous
raccompagner jusqu'à la sortie.
-A demain.
Andrew se
retourna, révélant un doux visage à Lucas, qui n’avait cessé de
l’observer. Il avait le teint légèrement
halé, une bouche pulpeuse, un nez droit et des yeux bleus azur, qui faisaient
penser à ceux d’un ange.
En
apercevant Lucas, il lui fit un léger sourire crispé, que Lucas ne lui rendit
pas. Celui-ci se leva et entra dans le
bureau de son beau père sans prendre la peine de toquer.
-Lucas.
-Jean,
dit-il en prenant place sur le siège en face de son bureau.
-Je ne crois
pas t’avoir entendu toquer.
-C’est
normal, je n’ai pas toqué.
-Je vois que
tu es toujours aussi poli. Que me vaut
ta visite ?
-J’ai besoin
d’argent.
-Forcément.
Lucas se
renfrogna. Malgré la grande fortune que
sa mère et son beau-père possédaient, il devait justifier la moindre de ses
dépenses auprès de celui-ci. C’était si
pesant. Bien sûr, il recevait de
l’argent de poche chaque mois, peut être même que la somme qu’il recevait était
plus élevée que celle que recevrait le jardinier, mais cela ne lui suffisait
pas toujours.
-Je dois
payer mon minerval, dit il en crispant ses doigts sur l’accoudoir de son
fauteuil.
-Que fais tu
de ton argent de poche ?
-Je le
dépense.
-Tu ne sais
pas te payer ton minerval ?
-Mon argent
de poche n’est pas destiné à payer mes frais scolaires.
-Tu
m’exaspères. L’argent te brule entre les
doigts, répondit Jean en ouvrant le coffre encastré dans le mur derrière lui,
caché par un tableau et dont lui seul connaissait la combinaison.
-Toi aussi.
Jean murmura
quelque chose, mais Lucas ne l’entendit pas.
-Il te faut
combien ?
-500 dollars
environ.
Jean lui
tendit une liasse de billets en le fusillant du regard.
Lucas sortit
en fermant la porte du bureau derrière lui.
-C’est pas
possible d’être aussi radin quand on est aussi riche.
-Bonjour
monsieur.
-Bonjour,
Alfred, dit il au major d’homme qui passait à coté de lui.
Il ne savait
pas s’il l’avait entendu, et il s’en fichait pas mal.
+++
-A demain
dans ce cas. Demandez à Alfred de vous
raccompagner jusqu'à la sortie.
-A demain.
Andrew, qui
ne s’était pas assis parce qu’il était bien trop stressé se retourna et ouvrit
la porte qui était restée entrebâillée. Il aperçût un jeune homme blond qui le regardait, assis sur l’un des
fauteuils de la salle ou il avait poireauté pendant bien une demi-heure avant
son entretien. Il lui fit un petit
sourire crispé. Pourvu qu’il ne vienne
pas pour la place de jardinier, il avait besoin de ce poste.
Il sortit de
cet étrange salon et aperçût Alfred, qui vint vers lui, sans qu’il ait à lui
demander quoi que ce soit.
-Alors,
demanda-t-il, ça s’est bien passé ? Vous avez le poste ?
Il avait eu
le temps de discuter un peu avec Alfred, pendant la demi-heure d’attente, et
lui avait raconté l’objet de sa visite.
-Eh bien il
me prend à l’essai demain, dit-il avec un sourire. Mais il y avait un autre garçon qui
attendait, j’espère que c’est pour autre chose.
Alfred
pouffa de rire.
-C’est
Monsieur Lucas, le beau fils de Monsieur Delatourre. Ça m’étonnerait fort qu’il attende là pour
les mêmes raisons que vous. Il aurait
bien trop peur de se salir les mains.
-Ah,
répondit Andrew, soulagé.
-En tout
cas, bonne chance, lui dit Alfred, une fois arrivés à la sortie, ca ne va pas
être de la tarte, je vous préviens.
Andrew le
remercia et sortit de l’immense demeure. Il se mit à avancer sur le petit sentier qui menait jusqu’au grand
portail en fer forgé, à deux cents mètres de là. Le jardin qui s’étendait de part et d’autre
du sentier était immense. Il devait
venir tous les jours après les cours pour s’en occuper, et ce ne serait pas de
trop, vu la taille du jardin, et qu’en plus, d’après ce qu’il pouvait
constater, ça faisait un petit temps déjà qu’il n’avait pas été entretenu.
Andrew
referma le portail derrière lui, en sortant.
Il retourna
au petit appartement qu’il louait, près de la prestigieuse université ou il
allait entrer. Il était soulagé d’avoir
été engagé, parce que sinon il ne savait pas comment il aurait fait pour payer
le loyer. Andrew avait choisi cette
université californienne, parce qu’elle était réputée pour sa faculté de
sciences politiques et économiques, qui étaient précisément les études qu’il
voulait faire. Il avait donc du laisser
ses parents, ses amis et tout ce qu’il connaissait loin derrière lui, dans le
Massachussetts.
Andrew jeta
ses clefs sur la table basse et se laissa tomber sur le canapé miteux qu’il
avait acheté dans un magasin de seconde main. Il faisait si chaud, ici en Californie…
+++
Lucas se
réveilla vers midi le lendemain. Il
s’étira et se dirigea vers la fenêtre, qui donnait sur la partie du jardin non
visible aux visiteurs, et plus loin, il y avait la mer. Il faisait beau, aujourd’hui encore. Il avait payé son minerval à l’université, et
la rentrée était pour le lendemain. Son
regard se perdit dans l’horizon. Il
n’avait pas vraiment envie d’aller en cours. Il savait que de toute façon, il serait engagé dans l’entreprise de son
beau père et que même si ça n’était pas le cas, l’avarice de celui-ci lui
garantissait un héritage qui lui éviterait de travailler pendant un bon bout de
temps. Il ne s’entendait pas très bien
avec Jean, il ne s’était jamais bien entendu avec lui, mais il s’était marié
avec sa mère et il était bien forcé de le supporter.
Il aperçût
dans le jardin le jardinier qui s’activait. Il était accroupit par terre et arrachait les mauvaises herbes, torse
nu. Sa peau bronzée luisait sous le soleil
chaud. Il transpirait. Lucas sourit.
Il décrocha
son téléphone et composa le numéro de la bonne.
-Carmen ?
… oui, j’aimerais petit déjeuner… Pourriez vous dresser ma table dans le
jardin, près de la marre ?... Merci, Carmen, vous êtes un ange.
Lucas
continua à observer le jardinier, et ne tarda pas à voir Carmen, cette brave
femme, amener une petite table de jardin ronde en fer forgé blanc, suivie de sa
chaise et bientôt recouverte de croissants et autres viennoiseries, ainsi
qu’une tasse et d’une carafe de café et une autre de jus d’orange. Le téléphone sonna et Carmen lui annonça que
son petit déjeuner était prêt.
Lucas
descendit, seulement vêtu de son bas de pyjama et alla s’installer à sa table,
en face du jardinier qui continuait à arracher les mauvaises herbes. Ce qu’il était sexy, même s’il était vêtu de
haillons, pensa-t-il en regardant son dos musclé.
Le jardinier
se releva, et Lucas remarqua que son jeans baggy, qui était troué aux genoux
était par ailleurs taché de boue. Il
jeta les mauvaises herbes qu’il avait arrachées dans un sac un peu plus loin.
-Vous
devriez porter un pantalon de travail, ça vous éviterai de tacher le votre, dit
Lucas en se servant du café. Le
jardinier sursauta, et ça le fit sourire. Manifestement il ne l’avait pas vu s’installer à sa table. Jean ne vous a pas proposé d’en porter un,
repris-t-il.
-Euh… M.
Delatourre ?
-Oui, Jean.
-Non, il a
du oublier.
Lucas
sourit. Il a du penser à son porte
feuille, oui.
-Vous voulez
faire une petite pause ?
-Je ne sais
pas si…
-Je vous
accorde une pause, si vous la voulez, dit il en regardant une petite goutte de
sueur couler le long de sa tempe.
-C’est
d’accord, alors.
Lucas lui
servit un verre de jus d’orange et le lui tendit. Le jardinier rougit avant de le prendre et de
le boire d’une traite. Il s’assit par
terre, à l’ombre d’un arbre, et après quelques instants, il se remit au
travail.
+++
Andrew
arriva à dix heures trente dans la demeure de M. Delatourre, et ce dernier lui
donna ses instructions. Il lui était
interdit de rentrer dans la maison, et tous les outils dont il aurait besoin se
trouvaient dans la remise, dans un coin reculé du jardin. Sa tache consistait à arracher les mauvaises
herbes, tondre le gazon et tailler les haies, et quand il aurait fini, il était
tenu de mettre M. Delatourre au courant. Andrew se mit au travail et il se mit à arracher les mauvaises herbes
autour de la marre, dans un coin reculé du jardin. Le soleil tapait et son T-shirt fut vite
trempé de sueur, ainsi il décida de l’enlever.
Il vit la
bonne dresser une table, un peu plus loin, mais n’y prêta aucune
attention. Après un moment, fatigué
d’arracher ces satanées mauvaises herbes, il ramassa celles qu’il avait déjà
arrachées et les jeta dans le sac qu’il avait préparé à cet effet, qui était un
peu plus loin.
-Vous
devriez porter un pantalon de travail, ça vous éviterai de tacher le votre, dit
une voix derrière lui. Andrew sursauta et se retourna, pour se retrouver face
au garçon blond de la veille, occupé à se servir une tasse de café, le sourire
aux lèvres. Il était vêtu uniquement
d’un bas de pyjama rayé bleu et blanc. Jean ne vous a pas proposé d’en porter un ?, repris-t-il.
-Euh… M.
Delatourre ?
-Oui, Jean.
-Non, il a
du oublier. Répondit Andrew en se disant que ce crétin devrait utiliser le nom
de famille de son employeur quand il parlait de lui avec lui, plutôt que son
prénom.
-Vous voulez
faire une petite pause ?
-Je ne sais
pas si…
-Je vous
accorde une pause, si vous la voulez.
-C’est
d’accord, alors.
Andrew
l’observa. Il avait les cheveux blonds,
pas encore coiffés, mais la veille ils tombaient soigneusement devant ses
yeux. Il avait les yeux gris et froids,
et il s’étonna qu’il lui serve un verre de jus d’orange, qu’il but d’une traite,
car il était littéralement assoiffé. Il
observa une dernière fois le visage las du garçon, avant d’aller s’asseoir au
pied d’un arbre, plus loin.
Chapitre 2
Andrew
s’assit dans l’amphithéâtre pour suivre son premier cours à l’université. Il observa les gens assis autour de lui. C’était majoritairement des garçons, et tous
affichaient sur leur visage une expression concentrée et sérieuse. Il se sentait tout petit, entouré de tous ces
étudiants. Son premier cours s’avéra
plus que soporifique et il ne fut pas mécontent qu’il s’achève.
En sortant
il aperçût dans la cohue une paire d’yeux gris, froids comme la glace et il
crut reconnaitre le garçon de la demeure ou il travaillait, mais le temps de se
retourner et il avait disparu. Andrew
mangea seul dans l’immense cafétéria et assista au reste de ses cours, avant de
passer vite fait chez lui pour prendre le pantalon que lui avait donné le
garçon blond et de le passer en vitesse pour enfin se rendre sur son lieu de
travail.
Il se mit à
tondre le gazon, le long du sentier, pensant que ses employeurs seraient plus
contents si depuis le chemin de l’entrée, le jardin paraissait soigné avant le
reste. Ça ne faisait pas dix minutes
qu’il tondait la pelouse quand le blond passa devant lui, accompagné d’une
jeune fille très mince aux jambes interminables, à peine cachées par une jupe
très courte. Elle avait de longs cheveux
blonds qui tombaient en cascade sur son dos et un très joli visage. Andrew les regarda passer et il vit le blond
lui faire un clin d’œil.
+++
Lucas
s’était installé tout en haut de l’amphithéâtre pour son premier cours. Après deux minutes déjà, il n’en pouvait
plus. Ce que ce prof était
chiant ! Lucas se mit alors à
détailler les étudiants, du haut de son perchoir. Il y avait quelque jolies nanas et des mecs
plutôt mignons. Lucas était bisexuel et
il ne s’en cachait pas, ni à ses parents, ni à personne. En général, on ne lui disait jamais non. Son attention fut attirée par les cheveux
noirs et tondus d’un étudiant sur le point de s’assoupir. Le jardinier. Ainsi donc il étudiait la même chose que lui ? Un sourire se dessina au coin de ses
lèvres. Il n’était peut-être pas si
indigne d’intérêt, finalement.
Durant le
reste de la journée, il fit connaissance de Tatiana, une fille peu farouche aux
jambes longilignes. D’après son
attitude, il comprit très vite qu’il lui plaisait et il l’emmena boire un café
après les cours.
-… et j’ai
deux sœurs, l’une est infirmière et l’autre est cadre dans une entreprise…
-Tatiana, la
coupa-t-il. Il avait bien envie de lui
dire que rien de tout ça ne l’intéressait plus que sa paire de seins, mais il
n’aurait jamais pu profiter d’eux s’il l’avait fait… Tatiana, tu es magnifique,
lui dit-il en lui faisant un sourire charmeur.
Elle se mit
à glousser. Il approcha son visage du
sien et l’embrassa. Elle introduisit sa
langue dans sa bouche et il se mit à lui caresser un sein, à travers son
chemisier. Il mit fin au baisé et elle
fit la moue.
-Ca te dit
de passer chez moi ?
Tatiana fit
un sourire coquin.
-oui.
En passant
devant le jardinier, Lucas ne put s’empêcher de lui faire un clin d’œil. Il avait envie de le rendre jaloux. Tatiana n’était qu’un trophée, une belle
plante. Rien de ce qui était sorti de sa
bouche ne l’avait intéressé une minute, mais ses lèvres pulpeuses étaient un
appel au pécher.
Arrivé dans
sa chambre, il se dépêcha de déshabiller Tatiana, avant de se déshabiller
lui-même.
-Tu es si
beau, dit elle admirative devant son corps musclé.
-Merci, dit
il en la couchant dans son lit.
Il se mit à
l’embrasser dans le cou, tout en massant doucement ses seins et en collant son
intimité contre son sexe. Il lui lécha
les tétons et Tatiana se mit déjà à gémir. Comme il la méprisait, d’être aussi facile ! Il descendit jusqu'à son sexe en lui
embrassant le ventre et se mit à lécher ses lèvres, puis son clitoris, et à
embrasser son sexe. Elle gémissait sous
ses coups de langue et il se mit à entrer sa langue dans son sexe. Il finit par y introduire un doigt, et le
sortit pour titiller son anus, sans pour autant arrêter de lui lécher le sexe
sensuellement. Il savait que ça lui
ferait perdre la tête et il avait raison. Elle se mit à gémir plus fort. Il
se mit à enfoncer légèrement son doigt dans son anus, et elle jouit dans un
râle de plaisir.
-Alors ma
belle, c’était bon ? interrogea-t-il en se mettant au niveau de son
visage.
- Délicieux,
dit-elle en souriant.
-Tu ne vas
tout de même pas te contenter de ça ? demanda-t-il en collant son sexe
durci contre le sien.
-Oh non…
-J’aime
mieux ça, répondit-il en introduisant son sexe dans le sien. Elle eut un hoquet de surprise, mais il fut
rapidement remplacé par de longs gémissements dus aux lents vas et viens que
lui procurait Lucas. Elle jouit une
deuxième fois et Lucas continua ses vas et viens, si bien qu’elle jouit une
troisième fois, en même temps que lui cette fois ci.
+++
Andrew
arrivait à la fin de son temps de travail quand il vit la blonde sortir, le
sourire aux lèvres. On pouvait dire
qu’ils n’y étaient pas allés par quatre chemins. Il taillait la haie près de l’entrée principale
de la maison quand le blond en sortit et s’assit sur les marches du perron, en
regardant la jeune fille s’éloigner. Il
mit les mains autour de sa cigarette pour l’allumer. Andrew sentait son regard sur lui. Il lui tournait le dos. Il n’avait pas envie de le voir. Que ce garçon étudie au même endroit que lui
alors qu’il travaillait pour lui le gênait. Il ne voulait pas qu’il sache.
-Comment tu
t’appelles, déjà, lui demanda le blond.
-Andrew,
répondit-il, sans se retourner.
-Andrew…
Joli prénom.
-Et
toi ?
-Lucas. Dis-moi, Andrew… tu vas à l’université, non ?
Andrew se
sentit rougir. Il l’avait vu, lui aussi.
-Oui.
Un silence
s’installa, et Andrew ne chercha pas à le briser. Quand il se retourna, Lucas n’était plus là.
Après
plusieurs jours passés à travailler pour la famille Delatourre, Andrew s’était
vite rendu compte que Lucas vivait pratiquement seul dans cette immense demeure
et qu’il ramenait des filles, ou des garçons pratiquement tous les jours, et à
chaque fois différents. Il n’y avait
donc plus de doutes pour lui quant à sa bisexualité. Il ne lui parlait que rarement, car il ne
l’aimait pas beaucoup. Il le trouvait
hautain et ça ne lui plaisait pas du tout. Quand ils se croisaient à l’université, ils s’ignoraient poliment, et ça
lui plaisait comme ça.
+++
Lucas se
plaisait à l’université. Il y avait
tellement de monde, et chaque jour il rencontrait de nouvelles personnes. Il ne s’était pas passé un jour sans qu’il ne
ramène quelqu’un, fille ou garçon, pour passer un « bon moment ». Lucas avait bien remarqué qu’Andrew l’évitait
quand ils étaient à l’université. Ils
leur arrivaient de se croiser, mais il détournait simplement le regard, et il
partait toujours le plus vite possible de l’amphithéâtre.
Ce garçon
l’intriguait. Il le méprisait, comme il
méprisait tout le monde, mais il lui trouvait une beauté simple et rude. Il n’avait pas l’air d’attacher la moindre
importance à son apparence, et pourtant, plus Lucas le voyait, que ce soit dans
le jardin ou à l’école, plus il le désirait.
Lucas
rentrait des cours, seul pour une fois. Il avait reçu une invitation pour une soirée prévue en fin de semaine
chez l’une des filles avec qui il avait couché dans les jours qui précédaient. Il comptait bien y aller, même si revoir
cette fille ne l’intéressait pas. Il
s’étonna en rentrant chez lui de ne pas voir Andrew s’activer dans le
jardin. Peut-être était-il à
l’arrière. Lucas se sentait las. Blasé. Il ouvrit la porte de la maison et se figea. Une douce mélodie parvenait à ses oreilles. Lucas lâcha son sac et se précipita dans le
grand salon.
-Qu’est ce
que tu fais, s’emporta-t-il
Andrew, qui
ne l’avait visiblement pas entendu arriver sursauta violement, produisant
quelques fausses notes au piano, avant de se lever et de s’en écarter
précipitamment, comme un gamin pris en faute.
-Hein ? Tu faisais quoi ? répéta Lucas, avant de
le gifler violement.
Andrew se
tenait la joue. Il mit un certain temps
avant de réagir.
- Ca ne va
pas non ? T’as pas le droit de me frapper !
-Et toi t’as
pas le droit de rentrer dans la maison !
-Je… Je suis
désolé… Je cherchais M. Delatourre, j’ai fini ce qu’il m’avait demandé de
faire, et en passant devant le piano, j’ai pas pu résister, ça faisait trop
longtemps que je n’avais plus joué… J’ai
pas pu l’emporter avec moi… Mais c’était pas la peine de me frapper !
Lucas
s’assit sur le canapé, et ferma les yeux, avant d’inspirer profondément. Il sortit brusquement son GSM de sa poche et
composa un numéro.
-Jean, le
jardinier n’a plus rien à faire, dit il en regardant Andrew d’un œil mauvais.
-…
-ok…
Lucas
raccrocha. Il était énervé. Qu’est ce qu’il se croyait ce foutu
jardinier. Rentrer comme ça et utiliser
son piano ? SON piano !
-Ben tu
viens, dit-il en s’apercevant qu’Andrew n’avait pas bougé. Il se remit à marcher et il entendit les pas
d’Andrew derrière lui, ce qui lui indiquait qu’il le suivait, maintenant.
Une fois
arrivés dans le bureau de Jean, Andrew se planta à l’entrée sans bouger.
-Ben
rentre ! « Abruti » pensa-t-il
Andrew
entra. Lucas s’assit à la place de Jean
et se mit à fouiller le bureau. Il
levait des papiers, fouillait dans les tiroirs, déplaçait des objets. L’énervement l’empêchait de trouver quoi que ce
soit. La main d’Andrew se posa sur son
épaule et le fit sursauter. Il n’avait
pas remarqué qu’il avait fait le tour du bureau.
-
Calme-toi… Je suis désolé d’être entré
sans permission, ça ne se reproduira plus.
Lucas
soupira.
-C’est pas
ça… c’est le piano… il ne faut pas que tu touche à ce piano, c’est
compris ? Je me fiche bien que tu
entre dans la maison, mais ne touche plus à ce piano.
-Oh… bon,
d’accord. Tu en joues aussi ?
-Non, je
serai incapable d’en sortir la moindre mélodie, dit il en se remettant à
chercher cette fichue feuille.
-Ah
enfin !
Lucas
parcourut la feuille des yeux.
-Eh ben,
t’es pas sorti de l’auberge, dit il en la lui tendant.
+++
Andrew
s’était rendu à la demeure des Delatourre pour commencer son travail au plus
vite. Après avoir passé son pantalon de
travail, il s’aperçut qu’il ne lui restait rien à faire. Andrew se dirigea vers la porte de la
cuisine, qui n’était jamais verrouillée, et il entra.
-Monsieur
Delatourre ? Alfred ?
Carmen ?
Personne ne
répondait. Il semblait être seul dans la
maison. Andrew sortit de la cuisine et
se retrouva dans une grande et belle salle à manger. Huit chaises design se trouvaient autour de
la table. Elles donnaient un air froid à
cette pièce qui aurait du être conviviale. De là ou il était, Andrew aperçut un magnifique piano dans la pièce
voisine. Il savait qu’il n’était pas
sensé s’aventurer dans la maison, mais comment revenir en arrière après avoir
vu un si beau piano ? Andrew
parcourut la distance qui l’en séparait et s’assit sur le petit banc. Il toucha lentement les touches du piano,
sans les enfoncer. Son propre piano lui
manquait. Il n’avait pas joué depuis si
longtemps… ses doigts se mirent à jouer
une mélodie qu’il appréciait particulièrement. Il ferma les yeux et se laissa emporter par la musique. Il était sur un petit nuage.
-Qu’est ce
que tu fais ? s’exclama une voix furieuse
Andrew
sursauta violement. Il avait été
surpris, et il se sentait vulnérable à cet instant, parce quand il jouait, il
exposait la part la plus personnelle de lui-même à quiquonque l’écoutait. Il se leva précipitamment et fit un pas pour
s’écarter du piano.
-Hein ? Tu faisais quoi ? répéta Lucas, avant de
le gifler violement.
Andrew se
tenait la joue. Il l’avait frappé fort,
et la douleur ne s’atténua qu’après plusieurs secondes.
-Ca va pas
non ? T’as pas le droit de me frapper !
-Et toi t’as
pas le droit de rentrer dans la maison !
-Je… Je suis
désolé… Je cherchais M. Delatourre, j’ai fini ce qu’il m’avait demandé de
faire, et en passant devant le piano, j’ai pas pu résister, ça faisait trop
longtemps que je n’avais plus joué… J’ai
pas pu l’emporter avec moi… Mais c’était pas la peine de me frapper !
Lucas
s’assit sur le canapé, et ferma les yeux, avant d’inspirer profondément. Il sortit brusquement son GSM de sa poche et
composa un numéro.
-Jean, le
jardinier n’a plus rien à faire, dit il en regardant Andrew d’un œil
mauvais. « « Le
jardinier »… quel crétin celui là… « Le jardinier »… il a un nom
« le jardinier » »pensa Andrew en le fusillant du regard.
-…
-ok…
Lucas
raccrocha. Il avait l’air très énervé,
et Andrew ne comprenait pas qu’on se mette dans un tel état pour si peu. Il n’avait rien volé, ni rien abimé tout de
même…
Lucas se
dirigea vers la sortie du salon, et Andrew ne bougea pas
-Ben tu
viens, dit il en se retournant vers lui. Andrew lui emboita le pas avec mauvaise humeur.
Lucas
l’emmena dans le bureau de Jean. Ne
sachant pas s’il devait entrer ou rester dans la salle d’attente, Andrew se
planta a l’entrée du bureau sans bouger.
-Ben
rentre ! Aboya-t-il
Andrew
entra. Lucas s’assit à la place de M.
Delatourre et se mit à fouiller le bureau. Il levait des papiers, fouillait dans les tiroirs, déplaçait des objets
avec fébrilité. Andrew fit le tour du
bureau. Lucas avait l’air d’un dément,
il fallait qu’il se calme, tant de colère en une seule personne… ça ne pouvait
être que destructeur. Il posa sa main
sur son épaule et Lucas sursauta violemment.
-
Calme-toi… Je suis désolé d’être entré
sans permission, ça ne se reproduira plus, dit il en ignorant le fait qu’il lui
avait fait peur.
Lucas
soupira.
-C’est pas
ça… c’est le piano… il ne faut pas que tu touche à ce piano, c’est
compris ? Je me fiche bien que tu
entre dans la maison, mais ne touche plus à ce piano.
-Oh… bon,
d’accord. Tu en joues aussi ?
-Non, je
serai incapable d’en sortir la moindre mélodie, dit-il en se remettant à
chercher ce qu’il cherchait. Andrew ne
comprenait pas pourquoi il ne pouvait pas toucher au piano, surtout que s’il ne
savait pas en jouer, ça ne devait pas être le sien… mais peut-être était-ce
pour cela ?
-Ah
enfin !
Lucas
parcourut la feuille des yeux.
-Eh ben,
t’es pas sorti de l’auberge, dit il en la lui tendant.
Effectivement,
Andrew n’était pas sorti de l’auberge. Il devait abattre deux arbres, planter des rosiers et des parterres de
fleurs.
Chapitre 3
La semaine
s’écoula lentement, rythmée par les cours et les heures de travail dans le
jardin de la demeure des Delatourre. Andrew avait fait la connaissance d’une fille un peu délurée qui ne le
lâchait pas d’une semelle, Léa, et elle l’avait fait promettre d’aller à une
soirée avec elle, ce vendredi là. Il
avait finit par accepter. Léa était très
jolie, et ça ne lui ferait pas de mal de se changer les idées. Andrew s’était habillé simplement pour
l’occasion : T-shirt rouge à inscriptions, jeans délavé et converses. Ce n’était qu’une fête d’étudiants dans une
maison, après tout. Quand ils
arrivèrent, la fête battait son plein. Les pièces de l’immense demeure étaient pleines à craquer de jeunes
filles court vêtues et de gars en train de rire, de draguer ou de danser.
Andrew
aperçût Lucas, plus loin, un verre à la main. Il parlait avec une jeune fille, le sourire aux lèvres. Léa l’interrompit dans sa contemplation et
l’emmena danser. Elle était débordante
d’énergie, se trémoussait contre lui, dansait et parlait avec animation. Il aperçût encore Lucas, embrassant à pleine
bouche un garçon aux cheveux rouges, avant de sortir un billet de sa poche et
de le rouler pour l’utiliser pour priser une fine ligne de poudre blanche.
Cette vision
étonna un peu Andrew, mais il reporta vite son attention sur Léa. Léa qui dansait, Léa qui chantait, Léa qui
parlait, Léa qui était belle. Andrew
s’approchât d’elle et la saisit par la taille, et elle lui sourit. Il approcha son visage du sien et
l’embrassa. L’alcool qu’il avait bu
l’avait un peu aidé à prendre cette initiative. Andrew dansa longuement avec Léa, qui était si vivante contre lui. Après un long moment, à danser collés serrés,
il monta dans la salle de bain, ou se trouvait également la toilette. Il entra et referma la porte derrière lui,
avant d’allumer la lumière.
Il se
retrouva devant une vision qui le mit mal à l’aise. Lucas était là. Il vomissait dans la cuvette.
-Oh pardon,
je vois que je dérange, j’y vais…
-NON !...
non… Je… ça ne va pas… je… je veux rentrer
-Tu es
malade, Lucas, répondit froidement Andrew.
Lucas essaya
de se relever, pour s’approcher d’Andrew, mais il s’effondra par terre.
-C’est pas
croyable ça ! Je suis pas venu
seul…
-Je… désolé…
Andrew le
souleva, un bras autour de son épaule, en pestant contre lui. Il était bien trop gentil avec cet
irresponsable. Il retrouva Léa et
s’excusa rapidement auprès d’elle.
-Je suis
venu à pied alors t’as intérêt à marcher sinon je te jure…
-Ma… ma
voiture est là…
-J’ai bu,
moi aussi, je ne conduirais pas.
Après une
demi-heure, ils arrivèrent enfin devant la maison. Lucas s’effondra par terre, il ne répondait
plus de lui, il ne savait plus ce qu’il disait. Andrew entreprit de lui fouiller les poches pour trouver ses clés, et
Lucas lui saisit le col et l’attira à lui.
-Eh du calme,
je cherche tes clés…
Andrew
pénétra dans la maison, portant du mieux qu’il pouvait Lucas. Il monta à l’étage, supposant que c’était là
que se trouvaient les chambres et reconnut directement celle de Lucas, sur
laquelle était placardée une affiche de deux hommes nus en train de
s’enlacer. Il ouvrit la porte et fut
surpris par la décoration de la chambre, qui ne cadrait pas du tout avec ce que
laissait penser la porte. Une commode
noire trônait en face de la porte, et à droite, un grand lit à baldaquins. À gauche, un petit fauteuil tourné vers les
fenêtres qui donnaient sur l’arrière du jardin, et à la droite duquel se
trouvaient de hautes étagères remplies de livres de toutes sortes. Andrew lâcha Lucas sur le lit, tombant un peu
avec lui. Il remarqua alors un grand
miroir collé au plafond, chose qui ne l’étonna pas du tout, vu le nombre de
conquêtes que Lucas avait déjà ramené depuis le début de l’année
académique. Andrew entreprit de défaire
les boutons de la chemise de Lucas et le débarrassa ensuite de son
pantalon. Dans un éclair de conscience,
celui-ci l’attira à lui et l’embrassa. Surpris, Andrew ne réagit pas et se laissa faire. La main de Lucas se glissa sous son boxer,
caressant ses fesses, et il lui murmura « j’ai envie de toi » à l’oreille. Andrew se recula vivement, réalisant ce qu’il
se passait.
-Depuis le
premier jour, Andrew, continua Lucas à haute voix à présent. J’ai tout de suite eu envie de toi.
-Je… Lucas,
je vais y aller.
-T’as pas
envie de moi, toi ? demanda Lucas avec une petite moue
-Je… Je suis
hétéro…
-Moi aussi,
avant.
-Lucas, je
vais y aller…
-Dors ici,
je te toucherai pas…
Andrew
hésita, mais s’il devait rentrer chez lui maintenant, il mettrait plus d’une
heure, et il était un mec, il savait se défendre si Lucas tentait quoi que ce
soit… Il soupira.
-Bon,
d’accord…
Le visage de
Lucas se fendit d’un sourire.
Andrew se
leva, contourna le lit et se mit en boxer pour être plus à l’aise pour
dormir. Quand il se retourna vers le lit
pour se coucher, Lucas dormait déjà.
+++
Lucas
comptait bien se rendre à la fête ou l’avait invité Sandy… ou Mandy, ou Julie,
il ne savait plus très bien et ce n’était pas important. Il s’était fait beau, parce qu’il comptait
bien serrer au moins une nana ce soir là. Ou bien un mec, il n’avait pas encore
réfléchit à la question. Il avait mis
une chemise noire et un pantalon en jean, avec des chaussures noires classiques
mais pas trop.
Il y avait
déjà beaucoup de monde quand il arriva à la soirée. Il ne tarda pas à trouver une fille qui le
regarde avec insistance et à l’aborder. Il ne se mouillait jamais vraiment pour aborder quelqu’un. Il repérait simplement les regards envieux
qui se posaient sur son corps et il adressait la parole aux plus beaux
spécimens qui s’intéressaient déjà à lui. Il se fichait bien de savoir s’ils étaient sympas ou intelligents,
puisqu’il ne comptait pas les revoir par la suite. Sauf s’ils étaient très bons au lit. Après un moment, il se lassa de la jolie
brune et la délaissa pour un jeune homme aux cheveux rouges. Il avait déjà pas mal bu, et il se laissa
aller à l’embrasser en public, chose qu’il ne faisait jamais lorsque son
partenaire était un homme.
Lucas se
réveilla en ouvrant les yeux, soudainement. Il était dans son lit, il voyait son reflet dans le miroir, à coté de
celui d’un autre homme. Il referma les
yeux. Comment était-il arrivé jusque
dans son lit ? La dernière chose dont
il se souvienne était d’avoir sniffé de la coke avec un gars aux cheveux
rouges. Et ce n’était manifestement pas
le garçon couché sur le ventre à coté de lui. Le garçon s’agita et Lucas le sentit se tourner vers lui. Il ouvrit les yeux pour voir le visage de
celui qui avait partagé son lit. Il
sursauta violemment en reconnaissant Andrew, et celui-ci se réveilla.
-Qu’est ce
que tu fiches là ?
-Je t’ai
ramené, après t’avoir trouvé au bord du coma éthylique. Enfin pas qu’éthylique d’après ce que j’ai pu
te voir faire.
-On… On a
couché ensembles ?
-NON !
Non… euh tu… tu m’as embrassé, mais c’est tout, répondit Andrew en rougissant.
Lucas était
soulagé.
-Pourquoi
t’as pas dormi dans la chambre d’amis alors ? demanda-t-il en regardant
par la fenêtre et en se demandant quelle heure il pouvait bien être.
- Ah… euh…
je ne savais pas qu’il y en avait une…
Lucas tourna
vivement sa tête vers Andrew.
-Tu te
fiches de moi ? Tu ne te doutais pas que dans une baraque pareille il y
avait des chambres d’amis ?
-Euh… j’y ai
pas pensé… j’étais saoul moi aussi, s’excusa-t-il, et puis, à peine je t’avais
posé sur ton lit que tu t’étais endormi…
-Ah
ouais ? C’est toi qui m’as
déshabillé alors ? demanda Lucas en s’appuyant sur l’un de ses coudes,
soudainement intéressé.
-Oui,
répondit Andrew, rougissant à nouveau.
Lucas étira
ses lèvres en un sourire.
-T’as pas pu
t’en empêcher hein.
-Pas du
tout, comme je te l’ai dit après que tu m’aies embrassé, je suis hétéro et…
-Pourquoi tu
rougis alors ? l’interrompit-il.
-Je ne
rougis pas ! répliquât Andrew en s’empourprant encore plus.
Lucas se
leva et se positionna à califourchon sur son invité, ne lui laissant pas le
temps de réfléchir.
-Ca te
dérange que je sois là alors ? demanda-t-il en détaillant son corps musclé
sous lui, qu’il trouvait plus qu’appétissant.
-Oui,
répondit Andrew en faisant un petit mouvement du bassin pour le faire tomber
sur le coté du lit, sans difficultés aucunes.
-Dommage…
+++
Andrew se
réveilla en sursaut suite à un mouvement brusque de Lucas à coté de lui. Il ouvrit les yeux et se retrouva
littéralement nez à nez avec Lucas.
-Qu’est ce
que tu fiches là ? demanda-t-il en se relevant légèrement.
-Je t’ai
ramené, après t’avoir trouvé au bord du coma éthylique. Enfin pas qu’éthylique d’après ce que j’ai pu
te voir faire. Dit-il avec un soupçon de reproche dans la voix.
-On… On a
couché ensembles ?
-NON !
Non… euh tu… tu m’as embrassé, mais c’est tout, répondit précipitament Andrew
en rougissant, mal à l’aise.
-Pourquoi
t’as pas dormi dans la chambre d’amis alors ? demanda Lucas en tournant
son regard vers la fenêtre.
Andrew se
sentit confus… il n’avait vraiment pas pensé à ça…
- Ah… euh… je
ne savais pas qu’il y en avait une…
Lucas tourna
vivement sa tête vers lui.
-Tu te
fiches de moi ? Tu ne te doutais pas que dans une baraque pareille il y
avait des chambres d’amis ?
-Euh… j’y ai
pas pensé… j’étais saoul moi aussi, se justifia-t-il, de plus en plus mal à
l’aise, et puis, à peine je t’avais posé sur ton lit que tu t’étais endormi…
-Ah
ouais ? C’est toi qui m’as
déshabillé alors ? demanda Lucas en s’appuyant sur l’un de ses coudes,
soudainement intéressé.
-Oui,
répondit Andrew, qui avait de plus en plus chaud.
Lucas étira
ses lèvres en un sourire.
-T’as pas pu
t’en empêcher hein.
-Pas du
tout, comme je te l’ai dit après que tu m’aies embrassé, je suis hétéro et…
-Pourquoi tu
rougis alors ? l’interrompit-il.
-Je ne
rougis pas ! répliquât Andrew en s’empourprant encore plus.
Lucas se
leva et se positionna à califourchon sur lui, ne lui laissant pas le temps de
réfléchir.
-Ca te
dérange que je sois là alors ? demanda-t-il en le détaillant, le gênant de
plus plus.
-Oui,
répondit Andrew en faisant un petit mouvement du bassin pour faire tomber
Lucas, qui n’était pas bien lourd sur le coté du lit.
-Dommage…
Andrew
sortit du lit et attrapa son pantalon abandonné sur le sol. Il était temps de partir. Il sentit le corps de Lucas se coller contre
le sien et se raidit tout en se redressant.
-Alors comme
ça je t’ai embrassé…
-Euh oui…
-Et tu es
hétéro ?
-Oui
Lucas le
força à se retourner. Il était plus
petit que lui, mais Andrew se sentait pris sous son emprise et n’osait plus
bouger.
-C’est pour ça
que tu as embrassé cette fille, à la soirée ?
-Oui…
-Parce que
tu l’aimais bien ?
-Oui !
C’est quoi toutes ces questions ?
-Pourquoi
t’es resté ? Après que je t’aie
embrassé, pourquoi t’es resté ?
-Je… parce
que j’habite assez loin d’ici…
-Pourquoi
t’as pas dormi sur le canapé ?
Les
questions de Lucas le dérangeaient.
-J’en sais
rien… laisse moi tranquille maintenant, dit il en passant sa jambe dans son
pantalon.
Lucas le
poussa sur le lit et s’allongea sur lui, avant de l’embrasser lentement. Andrew le trouva très tendre, rien à voir
avec le baiser de la veille. La langue
de Lucas s’introduisit dans sa bouche et caressa la sienne et une agréable
sensation envahit son corps. Sans s’en
rendre compte, Andrew répondit au baiser de Lucas, avant d’y mettre fin
vivement, se rendant compte de ce qu’il faisait.
-Je ne crois
pas que tu sois si hétéro que ça, moi, souffla Lucas à son oreille avant de se
relever.
